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Phobie des ascenseurs : la comprendre, la soigner, et vivre sans

La phobie des ascenseurs, mais alors quel et la solution ?

Les portes se referment, la cabine s'ébranle, et le coeur s'emballe.
Si l'ascenseur vous fait cet effet, vous n'êtes pas seul, et cette peur porte même un nom.
Voici ce qu'elle est, ce qu'elle déclenche, ce qui est prévu si l'on reste bloqué, comment vous faire aider, et comment organiser votre quotidien pour ne plus la subir en rentrant chez vous.

Comment s'appelle la phobie des ascenseurs ?

La phobie des ascenseurs s'appelle l'ascensumophobie.
On la confond souvent avec la claustrophobie, et pour cause : les deux sont très proches.

La claustrophobie, c'est la peur des espaces clos en général : un tunnel, un avion, un appareil d'IRM, et bien sûr une cabine d'ascenseur.
L'ascensumophobie se concentre sur l'ascenseur lui-même.
Elle mêle souvent plusieurs angoisses : se sentir enfermé, manquer d'air, rester coincé entre deux étages.
Chez certains s'y ajoute la peur du vide, quand la cabine est vitrée ou que l'on pense à la hauteur de la cage.

À savoir : la Haute Autorité de santé cite l'ascenseur parmi les phobies spécifiques qui peuvent devenir très invalidantes, au même titre que la conduite automobile ou les transports.
Ce n'est ni un caprice ni un manque de volonté.

Une peur beaucoup plus répandue qu'on ne le croit

Aucune étude ne mesure la seule peur des ascenseurs.
Mais l'une des plus vastes enquêtes sur les phobies, menée dans le cadre des enquêtes World Mental Health de l'Organisation mondiale de la santé (près de 125 000 adultes dans 22 pays, résultats publiés en 2017), donne des repères solides :

  • 7,4 % des adultes connaissent une phobie spécifique au cours de leur vie, soit plus d'un sur quinze ;
  • les femmes sont deux fois plus concernées que les hommes (9,8 % contre 4,9 %) ;
  • la peur s'installe tôt : l'âge médian d'apparition est de 8 ans ;
  • la peur des espaces clos, la plus proche de celle de l'ascenseur, touche 2,2 % des adultes au cours de leur vie.

Selon la même étude, un peu plus d'une personne sur quatre souffrant de la peur des espaces clos a eu recours à un traitement dans l'année.

Les symptômes : ce qui se passe dans le corps

La Haute Autorité de santé définit la phobie spécifique comme une peur persistante, irraisonnée ou excessive, déclenchée par la situation elle-même ou simplement par son anticipation.
L'angoisse peut donc commencer bien avant d'appuyer sur le bouton : dans le hall, devant la porte de la cabine, ou en lisant « 6e étage » dans une annonce.

Côté corps, on retrouve les signes physiques de l'anxiété que listent les grilles d'évaluation utilisées par les médecins :

  • le coeur qui accélère, des palpitations ;
  • une sensation d'étouffement ou de poids sur la poitrine ;
  • la bouche sèche, la transpiration ;
  • des tremblements, des vertiges.

Et surtout, un comportement : l'évitement.
On prend l'escalier quoi qu'il arrive, on décline un rendez-vous au dernier étage d'une tour, on écarte un appartement parce qu'il est au cinquième.
Avec les courses, les valises ou une poussette, l'évitement finit vite par peser sur le quotidien.

Rester bloqué : ce que prévoit la réglementation

C'est souvent la question qui tourne en boucle : et si je restais bloqué ? Voici ce qui est prévu pour ce cas.

Selon la Fédération des ascenseurs, la France compte 661 000 ascenseurs en service, qui assurent 100 millions de trajets chaque jour.
La panne existe, bien sûr : c'est justement pour cela que la réglementation impose un moyen d'appeler à l'aide depuis la cabine.

Le Code de la construction et de l'habitation (article R134-2) range parmi les objectifs de sécurité des ascenseurs « la mise à la disposition des utilisateurs de moyens d'alerte et de communication avec un service d'intervention ».
Concrètement, c'est le bouton d'alarme de la cabine : il vous met en relation avec un service chargé de venir vous libérer.

Que faire si l'on reste bloqué ?

  • appuyer sur le bouton d'alarme et attendre la réponse ;
  • indiquer l'adresse et l'étage approximatif où vous êtes arrêté ;
  • attendre le service d'intervention, dont c'est le métier, plutôt que de chercher à sortir par vous-même ;
  • respirer lentement et vous asseoir si vous en ressentez le besoin.

Savoir qu'une voix répond au bout du bouton ne fait pas disparaître la peur.
Mais cela aide souvent à faire redescendre la pression.

Peut-on soigner la phobie des ascenseurs ?

Oui.
Pour la phobie spécifique, le guide de la Haute Autorité de santé sur les troubles anxieux est clair : aucun médicament n'a démontré son efficacité, et le traitement repose sur les thérapies comportementales et cognitives (TCC), plus précisément sur la thérapie d'exposition.

Le principe : avec un thérapeute, on réapprend pas à pas à affronter ce qui fait peur, par étapes graduées, jusqu'à ce que l'angoisse diminue.
La HAS compte en général 12 à 25 séances d'environ 45 minutes.

NB : si la peur vous empêche de vivre normalement (refuser un poste, un logement, des sorties), parlez-en à votre médecin traitant.
Il vous orientera vers un professionnel formé à ces thérapies.

Le rez-de-chaussée, la solution pratique au quotidien

Une thérapie prend du temps.
Et même une fois la peur apprivoisée, rien n'oblige à prendre l'ascenseur deux fois par jour pour rentrer chez soi.
Il existe une solution très simple pour ne plus y penser : vivre au rez-de-chaussée.

Plus de cabine, plus d'étages à grimper avec les courses, plus de calcul entre l'escalier et l'ascenseur.
On pousse la porte de l'immeuble et on est chez soi, un peu comme dans une maison.

Si la hauteur vous donne aussi le tournis, c'est d'ailleurs la même solution que pour la peur du vide.

Et le rez-de-chaussée a d'autres arguments :

  • un prix d'achat plus doux : la décote se situe généralement entre 10 et 15 % par rapport à l'étage, selon Les Echos ;
  • des charges d'ascenseur souvent réduites, puisqu'elles se répartissent selon l'utilité de l'équipement pour chaque logement ;
  • un logement de plain-pied, pratique avec une poussette, en vieillissant ou après une blessure.

Pour le détail des chiffres, voyez notre article sur les avantages financiers du rez-de-chaussée.

Les points à vérifier avant d'acheter

Les charges, d'abord : un rez-de-chaussée n'est pas automatiquement exonéré de l'ascenseur.
S'il dessert votre cave ou votre parking, une part peut vous revenir.
Nous expliquons comment lire la grille de répartition dans notre article sur les charges d'ascenseur au rez-de-chaussée.

Ensuite, les deux questions que l'on pose toujours sur un rez-de-chaussée : la sécurité et l'intimité.
Elles ont des réponses simples, rassemblées dans nos guides pour sécuriser son appartement en rez-de-chaussée et préserver son intimité.

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Questions fréquentes

Comment s'appelle la phobie des ascenseurs ?

L'ascensumophobie.
Elle est proche de la claustrophobie, la peur des espaces clos, dont la cabine d'ascenseur est l'un des déclencheurs les plus courants.

Phobie des ascenseurs et claustrophobie, est-ce la même chose ?

Pas tout à fait.
La claustrophobie touche tous les espaces fermés (tunnel, avion, IRM) et concerne 2,2 % des adultes au cours de leur vie selon les enquêtes de l'OMS.
L'ascensumophobie se limite à l'ascenseur, avec souvent la peur d'y rester bloqué.

Que faire si l'on reste bloqué dans un ascenseur ?

Appuyer sur le bouton d'alarme, qui vous met en relation avec un service d'intervention, indiquer où vous êtes et attendre que ce service vienne vous libérer.

Comment soigner la phobie des ascenseurs ?

Par une thérapie comportementale et cognitive avec exposition progressive, en général 12 à 25 séances selon la Haute Autorité de santé.
Aucun médicament n'a démontré son efficacité pour ce type de phobie.

Phobique, simplement pas fan des cabines, ou lassé des escaliers ? Le rez-de-chaussée reste la façon la plus simple de rentrer chez soi sans y penser.
Et sur Vivre en rez-de-chaussée, on vous aide à bien le choisir.